Approvisionnement local et émission de CO2 dans la restauration

Sujets

Gwenaël LEROUX
le 6 mars 2015 à 10:56

Approvisionnement local et émission de CO2 dans la restauration

Bonjour,

Nous vous relayons un post de Caroline Chandler du Réseau européen ICLEI (Projet européen INNOCAT* sur l’éco-innovation dans le secteur de la restauration).

« Il y a une croyance répandue selon laquelle l’approvisionnement local doit être une bonne chose. La logique derrière cette idée est relativement simple : les aliments locaux n’ont pas à voyager très loin entre la production et l’assiette et par conséquent l’empreinte écologique est faible. En outre, cela booste l’économie locale et contribue à la fraîcheur des aliments. Quoi de plus simple ? Malheureusement, la réalité est un peu plus complexe.
Premièrement, l’Union européenne et une zone de libre échange. C’est un principe fondateur de l’Europe et cela signifie qu’il est illégal de préciser que les marchandises doivent être d’origine locale, étant donné que cela discrimine injustement les fournisseurs des autres Etats à qui une chance égale de soumissionner aux marchés publics doit être donnée.
Deuxièmement, une analyse récente des villes d’Helsinki (Finlande) et de Turin (Italie) de l’empreinte carbone dans les services de restauration a montré que le transport joue un rôle relativement mineur eu égard aux émissions liées à l’alimentation. La majorité des émissions sont libérées durant la production plus que dans le transport, ce qui signifie que la réduction de la consommation de viande et le passage à des produits bio pourrait avoir un impact beaucoup plus important que l’approvisionnement local.
Alors pourquoi beaucoup d’entre nous restent focalisés sur la question locale ?
Et y a-t-il de meilleurs critères à utiliser pour encourager le développement durable dans la chaîne alimentaire ? »

Si vous avez un retour d’expérience dans ce domaine, merci de nous en faire part sur le forum et nous le transmettrons à Caroline Chandler.

* INNOCAT est une collaboration européenne entre les acheteurs publics et privés qui souhaitent acquérir des produits et services de restauration éco-innovante. L’objectif est d’encourager l’éco-innovation dans le secteur de la restauration en offrant un marché de lancement considérable pour de nouvelles solutions. Le projet cherche à élargir son groupe d’acheteurs intéressés.
Les parties intéressées peuvent trouver des plus amples informations sur le site d’INNOCAT : http://www.sustainable-catering.eu


Claude AGARD
le 10 mars 2015 à 10:14

Vers une meilleure connaissance de tous les acteurs

Bonjour Claude AGARD Ville d’Angoulême,

Je vous propose ma réflexion sur ce sujet d’actualité.

Premièrement il est important d’éviter l’expression « favoriser le local », mais plutôt de rappeler que l’intention des collectivités est de mettre en place des pratiques qui permettent « de ne plus défavoriser les entreprises locales ». Pour cela il faut revoir l’organisation de la politique d’achats. Pour qu’un achat soit pertinent il faut prendre le temps de bien connaître l’ensemble des opérateurs y compris les locaux. Cela permet d’élaborer un allotissement qui tient compte de la capacité de réponses de toutes les entreprises.

Deuxièmement, je rejoins l’analyse selon laquelle l’empreinte carbone n’est pas un argument pour expliquer l’intérêt de développer l’approvisionnement local.

Par contre il est important de rechercher des produits sains, ayant subi le moins de traitements possible en terme de conservations. Pour cela, on favorisera la fraîcheur des produits (le temps entre cueillette et consommation doit être le plus court possible car il permet d’avoir des produits juste mûrs par exemple).

Le gaspillage est aussi un argument important à l’heure où de nombreuses familles n’ont pas les moyens de manger tous les jours à leur faim. On travaillera sur la capacité à proposer des conditionnements en fonction du besoin de la collectivité et sur la diminution des sur-emballages.

Enfin, l’aspect pédagogique des consommateurs peut être utilisé. L’objectif est de solliciter les entreprises à accompagner la collectivité à mettre en place des actions de découverte sur l’origine des produits et sur leur mode de transformation, par exemple en sollicitant des visites d’exploitations ou animations à la cantine.

Pour conclure, la concertation entre les différents opérateurs doit nous conduire à réorganiser nos habitudes. Revisiter nos plannings de menus pour éviter les produits hors saison locale, les coordonner entre établissements pour éviter l’éclatement des approvisionnements. Bien entendu cela ne peut représenter la totalité de nos achats, mais il est important que l’on ne défavorise plus par nos pratiques les acteurs locaux. Par une préparation et une définition de nos achats, on ne se met pas en infraction avec les principes européens « de non discrimination liés à la commande publique ».

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